Grandes écoles françaises : la course à l’internationalisation

Devenir un global player ! Cette finalité n’est pas nouvelle pour nos fleurons de l’éducation supérieure français, dépassant naturellement la seule logique des accords d’échanges. Les plus grands se sont penchés sur la question dès le début des années 2000. Mais aujourd’hui, même les plus discrètes de nos écoles tricolores (de commerce ou d’ingénieurs) s’y mettent. Chacune à leur manière, elles s’exportent, elles rayonnent, elles s’allient au-delà des frontières pour se faire une place sur le marché mondial. À coup de stratégies marketing bien rodées, elles doivent faire face à une vive concurrence et s’imposer dans les esprits – et dans les classements – pour trouver leur légitimé chez les étudiants français mais surtout étrangers. Un plateau de jeu mondial en perpétuelle évolution !

L’internationalisation serait-elle devenue une condition nécessaire à la survie des grandes écoles françaises ? C’est la question que l’on pourrait se poser alors que la course aux étudiants redouble d’intensité année après année – la guerre des talents commencerait-elle dans l’antichambre des entreprises ? D’autant que les finances de certaines ne sont pas au beau fixe et que doper ses promos avec des étudiants étrangers apparaît comme la solution à bon nombre de leurs problèmes. En effet, avec la réforme de la taxe d’apprentissage et les subventions des CCI qui fondent à vue d’œil, attirer des étudiants chinois, américains, marocains, indiens et j’en passe, apparaît comme un véritable relai de croissance. Mais comment mener une stratégie d'internationalisation qui fasse sens ? 

#1. Trois stratégies d’internationalisation

Pour jouer la carte internationale, il y a les grandes écoles qui fondent leur développement sur une renommée qui dépasse le seul cadre de l’hexagone et qui déploie une stratégie d’attraction sur leurs campus français. C’est le cas de Sciences Po, implantée exclusivement en France par exemple, qui, avec des programmes internationaux fait-maison, bat des records quant à son taux d’étudiants étrangers (47 %). Cette stratégie n'est malheureusement pas adaptée aux petites structures qui ont encore tout à faire en termes de notoriété, et pour les non-parisiennes qui ne peuvent miser sur les atouts de la capitale. Quoi que les grandes "parisiennes" peuvent essuyer quelques déceptions de candidats étrangers qui se retrouvent parachutés à Jouy-en-Josas ou Cergy-Pontoise.

D’autres misent sur un réseau de campus aux quatre coins du globe pour séduire les étudiants de tous horizons (particulièrement dans les pays en fort développement) et faire connaître leur marque : ils adoptent soit la stratégie du think glocal en proposant les méthodologies françaises adaptées au tissu local soit celle du everywhere but unique en dupliquant ses programmes pour proposer le même niveau d’enseignement quel que soit le campus, à l’image de l’ESCP Europe ou de SKEMA.

Enfin, d’autres choisissent des partenariats académiques pour s'appuyer sur des grands acteurs locaux et faire connaître leur nom. La stratégie d’alliance est employée notamment par Kedge qui a lancé un MBA en partenariat avec l’Université N°1 en Asie, celle de Jiao Tong à Shanghai, et une joint-venture avec les Instituts franco-chinois, la Sorbonne et l’université de Montpellier 3. Alors qu’importe la stratégie déployée, l'objectif est le même : recevoir plus d'étudiants étrangers en France. D'autant que ce sont justement les grandes écoles qui attirent, avec une croissance de 27 % en 5 ans selon Campus France. 

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#2. Jeu d'influence : soigner son attractivité

Bien entendu, il ne suffit pas d’ouvrir des campus à droite à gauche ou d'imaginer des programmes tout en anglais pour valoriser son image internationale. Encore faut-il que les étudiants qui les intègrent soient le reflet de cette multiculturalité ! Pour cela, quoi de mieux que de travailler sur l’image de marque pour rayonner à l’international. Quelle grande école n’est pas aujourd’hui dotée d’un responsable marketing ? La fonction s’est également développée à mesure que les programmes se sont internationalisés pour en arriver aujourd’hui à trouver des international marketing manager au sein des services communication des écoles. Leur mission : attirer dans leurs filets des étudiants étrangers ! Leurs leviers d’action : une présence sur les salons internationaux et dans les classements, l’acquisition d’accréditations, mais surtout des campus attractifs au cœur des villes ou des grands hubs économiques. Pour certaines, la première étape a été d'internationaliser leur nom. Ainsi, l’ESC Toulouse est devenue Toulouse Business School, ESC Rennes a opté pour Rennes School of Business… Il est essentiel également de garantir des procédures d'admission et d'accueil simples pour les étudiants étrangers. Par exemple, en utilisant l'entretien vidéo différé, il est possible de s'affranchir des frontières pour sélectionner les étudiants où qu'ils soient sur la planète.

#3. S'imposer : sortir ses atouts !

Si le modèle d’éducation français reste une énigme pour beaucoup, il n’en demeure pas moins un symbole d’excellence attractif pour les étudiants du monde entier. Le concept de « grandes écoles » tout d’abord, certes assimilable à la « Ivy League », les huit plus prestigieuses universités américaines, est propre à notre pays. Accessibles par des classes préparatoires – là encore un ovni – ces programmes débouchent sur un niveau master, sans nécessairement passer par la case « bachelor ». Quant aux coûts, ils sont encore largement inférieurs à ceux des universités anglo-saxonnes.

En ce qui concerne la proximité avec les entreprises, outre le fait que 31 des 500 plus grandes sociétés internationales sont françaises, les écoles françaises ont toujours tenu à tisser des liens extrêmement forts avec le milieu professionnel, car elles le savent, l’employabilité des étudiants est l’un de leurs enjeux majeurs. La preuve en est, le stage en entreprise est une pratique peu, voire pas du tout, courante pour les américains ou les chinois. Autre exemple, les programmes spécialisés qui mettent en avant nos savoir-faire comme l’œnologie, le tourisme ou encore l’aviation, sont un véritable levier d’attraction d’étudiants étrangers. 

#4. Les écoles françaises ont une carte à jouer !

Avec l’arrivée de Trump au pouvoir, il semblerait que les étudiants soient en désamour avec la nation aux 52 étoiles. Selon un rapport Open Doors de l’Institute of International Education 2017, le nombre d’inscriptions d’étudiants étrangers serait en baisse de 7 % par rapport à 2016. Quand on sait que ces derniers auraient "rapportés" environ 39 milliards de dollars à l'économie américaine, pas besoin de preuves supplémentaires pour accélérer la cadence !

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#Écoles et universités #Internationalisation

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