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Les Echos - "Gestion des talents à l'international : une priorité stratégique pour les entreprises"

Les Echos - "Gestion des talents à l'international : une priorité stratégique pour les entreprises"

La compétitivité passant de plus en plus par l'internationalisation, les entreprises doivent adapter en conséquence leur stratégie RH, du recrutement à la formation. Comment trouver et faire grandir ces nouveaux talents.

La gestion des ressources humaines s'affranchit, elle aussi, des frontières. A l'heure où la plupart des entreprises se mondialisent, il s'agit de détecter, de recruter, de fidéliser, de former et de manager les talents suivant une approche globale. « Aujourd'hui, une organisation ne peut plus se contenter d'être une success-story française. Chez easyRECrue, l'internationalisation s'est imposée rapidement et notre stratégie hors de France nous a permis de devenir leader européen. De facto, cela a impacté notre gestion des ressources humaines », explique Amandine Reitz, DRH d' easyRECrue, start-up fondée en 2013 qui propose aux employeurs de dématérialiser leur processus d'embauche grâce aux entretiens vidéo.

Devenir un acteur global ne se décrète pas. C'est toute l'organisation qui doit « respirer international ». « Au siège, à Paris, nous comptons notamment des collaborateurs argentins, vénézuéliens, néerlandais, italiens et espagnols. Et lorsque nous ouvrons une filiale à l'étranger, comme ce fut le cas à Londres récemment, nous recrutons généralement des natifs. A chaque fois, nous ciblons des profils internationaux », indique Amandine Reitz. Un profil international, voilà le nouveau Graal... « Les entreprises qui s'internationalisent sont plus que jamais en quête de talents ouverts, mobiles, capables de sortir de leur zone de confort en s'expatriant : c'est un signe d'agilité et d'adaptabilité », observe Julien André, directeur emploi de Vivastreet.

Sensibiliser les jeunes

Avant même leur entrée sur le marché du travail, de plus en plus de jeunes sont sensibilisés à la mobilité. « En tant qu'établissement de formation et de recherche, nous devons, nous aussi, nous internationaliser et inciter les élèves à partir. Aujourd'hui, l'employabilité passe par l'international », souligne Pascal Ray, directeur de l'Ecole des mines de Saint-Etienne, qui accueille 120 élèves étrangers (de 26 nationalités différentes) et qui a rendu la mobilité à l'international obligatoire pour ses étudiants, soit en entreprise, soit en université. Résultat, près de la moitié des diplômés des Mines Saint-Etienne travaillent à l'heure actuelle dans un contexte international.

« Au même titre que nous favorisons la mobilité étudiante, nous sommes attachés à la mobilité enseignante. Autant de choses qui ont été grandement facilitées par Erasmus +, pas seulement via le volet financier, mais aussi grâce aux accords bilatéraux encadrant les relations entre établissements », précise Pascal Ray. Au cours des trente dernières années, Erasmus, devenu Erasmus + en 2014, a permis à plus de neuf millions de personnes, dont un million de Français, d'effectuer une mobilité à l'étranger. Considéré par les Français comme la principale réalisation européenne (selon un sondage BVA de mai 2017), le programme Erasmus + s'adresse à des publics très variés - élèves du primaire et du secondaire, élèves des lycées professionnels, apprentis, demandeurs d'emploi, étudiants, jeunes volontaires, professionnels de l'éducation et de la formation... - et a considérablement diversifié son champ d'action et ses partenariats, tout comme son rayonnement géographique, avec 33 pays participants et 168 pays partenaires dans le monde entier.

De nombreux secteurs d'activité bénéficient des mobilités Erasmus +, tels l'aéronautique, la santé publique, les neurosciences, l'agriculture, l'automobile, le BTP, l'hôtellerie, la restauration, l'environnement... Car Erasmus + finance notamment des projets émanant des organisations elles-mêmes, se posant comme un soutien face aux problématiques de mobilité. Autant d'actions qui contribuent à ancrer encore davantage l'international dans les mentalités. Désormais, étudiants, établissements d'enseignement, entreprises privées et organisations publiques ont pris conscience qu'ils ne peuvent plus disposer d'une seule vision franco-française et oeuvrer seuls dans leur coin.

« Notre rôle est d'accompagner le mouvement global, notamment en développant l'aptitude de nos élèves à évoluer dans des entreprises internationales », estime Pascal Ray. Côté entreprises, il est effectivement devenu essentiel de pouvoir sourcer les artisans d'une future croissance au long cours. « Forts d'une croissance à trois chiffres, nous n'aurions pas pu continuer à nous épanouir si nous étions restés en France », conclut Amandine Reitz.


Les Echos - https://www.lesechos.fr/journal20171123/lec2_manag...

Julie Le Bolzer

23/11/17