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L'Opinion - Mickael Cabrol (Easyrecrue) : «Le DRH a longtemps été le parent pauvre de la transformation numérique»

L'Opinion - Mickael Cabrol (Easyrecrue) : «Le DRH a longtemps été le parent pauvre de la transformation numérique»

Après Geolid, start-up lyonnaise qui accompagne les PME dans leur référencement sur Internet, Mickael Cabrol a lancé Easyrecrue, une pépite à l'origine d'une solution en cloud facilitant la présélection de profils pour les fonctions RH en misant sur la vidéo. Il espère réaliser 30 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à dans 4 ans.

Vous expliquez accélérer la numérisation des services de ressources humaines. Comment ?

Le marché des logiciels dans les ressources humaines se structure en fonction de quatre étapes : le sourcing de candidats, la gestion des candidatures qui se fait via des ATS (applicant tracking system) comme Talentsoft, la présélection des profils et ensuite, la gestion des talents. Easyrecrue intervient dans la présélection des profils, un marché encore peu structuré, de la même manière que les jobs boards ne l'étaient pas il y a quelques années. Notre logiciel propose aux recruteurs de tirer profit de la vidéo pour choisir les candidats qu'ils vont rencontrer et gagner du temps. Concrètement, des questions sont envoyées à tous les candidats présélectionnés. Ils ont ensuite un temps limité pour y répondre en vidéo : un canal plus pertinent qu'un simple questionnaire puisque la communication non verbale en dit plus long. Il est également possible de réaliser des entretiens en direct.

Le DRH ne finira-t-il pas par être noyé par des vidéos, à défaut d'être noyé par des CV ?

Les ressources humaines ont longtemps été le parent pauvre de la transformation numérique or ces fonctions cherchent aujourd'hui des outils facilitant l'optimisation des coûts. En moyenne une campagne permet de récupérer une quinzaine de vidéos de 6 à 10 minutes dans lesquelles les candidats répondent en moyenne à six questions. Aussi notre outil permet aux recruteurs d'évaluer les candidats à plusieurs, de les noter et d'annoter les vidéos. Nous proposons également aux sites «carrières» des entreprises d'intégrer la solution en marque blanche. D'autres fonctionnalités viennent compléter notre offre, comme la possibilité de faire passer des tests de niveau de langue et des questionnaires plus précis, portant par exemple sur la mobilité, le niveau de rémunération souhaité etc. permettent de filtrer davantage les candidatures.

Pourquoi avez-vous levé 2,5 millions d'euros le mois dernier ?

Nous avons des projets ambitieux en recherche et développement : nous développons des technologies grâce auxquelles il sera possible d'obtenir des informations sur les candidats sans avoir à lire la vidéo, grâce à de la reconnaissance vocale et sémantique, ou encore la reconnaissance des expressions faciales. C'est la raison pour laquelle Bpifrance et Elaia Partners soutiennent nos projets. Nos besoins en ressources humaines sont importants et nous avons 25 postes ouverts actuellement dont plus de deux tiers pour des postes de commerciaux, les autres étant techniques.

Comment vous rémunérez-vous ? Quel est le profil de vos vos clients ?

Outre le produit commercialisé en marque blanche, par exemple dans le cadre d'opérations réalisées avec RegionJobs, nous commercialisons notre offre en SaaS (Software as a Service) : cela peut coûter 1.000 euros par mois pour permettre à cinq utilisateurs d'accéder à l'outil et nous proposons trois niveaux de facturation. Le pack premium permet par exemple de conserver les vidéos pendant un an.

Nous comptons aujourd'hui 140 clients, dont un grand nombre dans le secteur de la banque et de l'assurance, car la vidéo se prête bien aux profils de commerciaux. Nos clients sont des grands groupes comme Dassault Aviation, Auchan, Groupama, Total, Société Générale, Vente Privée ou encore BPCE.

Quels sont vos objectifs financiers ?

Nous souhaitons réaliser 30 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2019 dans 10 pays, sachant que nous sommes déjà présents en France, en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne. Nous espérons que notre chiffre d'affaires 2015 soit multiplié par 5 comparé à l'exercice précédent et par trois entre 2015 et 2016.



Par Hugo Sedouramana - L'Opinion.fr